Belgische surrealist Marc Eemans over Julius Evola

door Prachtige Pjotr

 

Marc Eemans, 1930

Q.: Vous avez aussi fondé le Centrum Studi Evoliani, dont vous êtes toujours le Président…

ME: Oui. Pour ce qui concerne la philosophie, j’ai surtout été influencé par Nietzsche, Heidegger et Julius Evola. Surtout les deux derniers. Un Gantois, Jef Vercauteren, était entré en contact avec Renato Del Ponte, un ami de Julius Evola. Vercauteren cherchait des gens qui s’intéressaient aux idées de Julius Evola et étaient disposés à former un cercle. Il s’adressa au Professeur Piet Tommissen, qui lui communiqua mon adresse. J’ai lu tous les ouvrages d’Evola. Je voulais tout savoir à son sujet. Quand je me suis rendu à Rome, j’ai visité son appartement. J’ai discuté avec ses disciples. Ils s’étaient disputés avec les gens du groupe de Del Ponte. Celui-ci prétendait qu’ils avaient été veules et mesquins lors du décès d’Evola. Lui, Del Ponte, avait eu le courage de transporter l’urne contenant les cendres funéraires d’Evola au sommet du Mont Rose à 4000 m et de l’enfouir dans les neiges éternelles. Mon cercle, hélas, n’a plus d’activités pour l’instant et cela faute de personnes réellement intéressées.

En effet, il faut avouer que la pensée et les théories de Julius Evola ne sont pas à la portée du premier militant de droite, disons d’extrême-droite, venu. Pour y accéder, il faut avoir une base philosophique sérieuse. Certes, il y a eu des farfelus férus d’occultisme qui ont cru qu’Evola parlait de sciences occultes, parce qu’il est considéré comme un philosophe traditionaliste de droite. Il suffit de lire son livre Masques et visages du spiritualisme contemporain pour se rendre compte à quel point Evola est hostile, tout comme son maître René Guénon, à tout ce qui peut être considéré comme théosophie, anthroposophie, spiritisme et que sais-je encore.

L’ouvrage de base est son livre intitulé Révolte contre le monde moderne qui dénonce toutes les tares de la société matérialiste qui est la nôtre et dont le culte de la démocratie (de gauche bien entendu) est l’expression la plus caractérisée. Je ne vous résumerai pas la matière de ce livre dense de quelque 500 pages dans sa traduction française. C’est une véritable philosophie de l’histoire, vue du point de vue de la Tradition, c’est-à-dire selon la doctrine des quatre âges et sous l’angle des théories indo-européennes. En tant que “Gibelin”, Evola prônait le retour au mythe de l’Empire, dont le IIIième Reich de Hitler n’était en somme qu’une caricature plébéienne, aussi fut-il particulièrement sévère dans son jugement tant sur le fascisme italien que sur le national-socialisme allemand, car ils étaient, pour lui, des émanations typiques du “quatrième âge” ou Kali-Youga, l’âge obscur, l’âge du Loup, au même titre que le christianisme ou le communisme. Evola rêvait de la restauration d’un monde “héroïco-ouranien occidental”, d’un monde élitaire anti-démocratique dont le “règne de la masse”, de la “société de consommation” aurait été éliminé. Bref, toute une grandiose histoire philosophique du monde dont le grand héros était l’Empereur Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250), un véritable héros mythique…

Evola in de bergen, Eerste Wereldoorlog.

LE CHASSEUR D'ÉGOÏSME (1927)

Volledige interview door Koenraad Logghe en Robert Steuckers is hier te lezen. In het Nederlands verschenen in De Vrijbuiter, 5/1989.

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