Kirchhorst, 8 août 1945

door Prachtige Pjotr

L’automne commence à modeler les plantes; il en fait ressortir avec maîtrise les attaches et les rondeurs. Après la pluie nocturne, les gouttes s’accrochent en grosses perles et en miroirs d’argent aux feuilles du chou frisé, qui craquent quand on les frôle.

Lorsque le soleil perce, le lézard sombre grimpe de son trou, dans la forêt de Lohne, pour se jucher dans son coin de prédilection, la fourche d’un pin minuscule. Il s’y chauffe, le corps arqué, laissant pendre sa queue comme un traîne. Il a la taille d’une allumette ou d’une barrette, est d’un brun noir, avec des reflets de perle. Comment se peut-il que tant de grâce réside dans un corps si menu?

JÜNGER, Ernst, La cabane dans la vigne (Journal IV), Christian Bourgeois éditeur, Paris, 1980, 121.

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